Histoire de Mons en Baroeul

Lors de mon travail de veille pour les Journées du Patrimoine, j’ai appris beaucoup de choses concernant l’évolution de la ville de Mons en Baroeul.

NAISSANCE DE LA ZUP

Mons en Baroeul s’organise autour de la départementale n° 14 de Lille à Roubaix (rue du Général de Gaulle). On peut y trouver quelques pâtés de maisons à proximité de Lille, de Fives, d’Hellemmes et autour de l’église Saint-Pierre;  des prés, des vaches et quelques fermes jusqu’au fort de Mons

Sa situation est convoitée, elle dispose d’une centaine d’hectares à 3 kilomètres de Lille.

Par crainte de voir les terrains monsois en proie à une urbanisation sauvage, le conseil municipal decide de créer une ZUP en 1959

Ancien plan Mons Plaidoial

LE PROJET

Henri Chomette est nommé comme l’architecte de la « Nouvelle Ville ». Il connait bien Mons en Baroeul.

Son programme travail l’emprise du terrain, la densité de l’habitat, la proportion entre le collectif et l’individuel, les équipements : mairie, écoles, collèges, espace culturel, bureaux, église, commerces… Les liaisons rapides avec les environs proches et l’ensemble de la région.

Sa « cité » se conjugue autour d’un centre qui s’élève en hauteur :

– le cœur de la ville avec la mairie, les commerces et les bureaux de la résidence Europe, l’espace culturel, une église et la place du marché

– les immeubles collectifs en bordure de jardins plantés en mails piétonniers, et des unités de voisinage à dominante d’habitations individuelles occupent les espaces libres

– les voies de communication et les mails piétonniers constituent des quartiers qui possèdent leur groupe scolaire et leurs petits commerces

Un centre haut et structuré puis une diminution de volume et de hauteur pour arriver à une faible densité sur le pourtour

Le plan est présenté à Pâques 1962, il comprend 4.000 logements.

Zup 2

LES TRAVAUX

Les travaux démarent en 1964. La deuxième phase en 1967 avec 2 000 logements.

Le chantier tourne jour et nuit, les éléments de béton préfabriqués sortent de l’usine à une cadence accélérée (construction industrialisée, préfabrication lourde, politique des grands ensembles : plus vite, plus haut, plus rentable)

L’écueil est que les gens sont arrivés mais pas les équipements (sauf un groupe scolaire). Les habitants prennent donc leurs habitudes ailleurs (travail, courses, sorties, …)

La construction de la Z.U.P. se poursuit mais l’esprit qui a inspiré sa conception est perdu.

En cours de réalisation, hauteur des immeubles est officiellement augmentée de 33 %

Le programme souhaité à l’origine : 75 % de logements individuels et 25 % en collectifs

La réalité : 20 % individuels et 80 % collectifs

1962 : 4.000 logements prévus / 1975 6 500 logements

1947

1947

1950

1950

1960

1960

1966

1966

1980

1980

RÉSULTATS

Une cité sans âme, plaie ouverte se vidant de sa population. Mons devient une terre d’accueil pour familles défavorisées

La zone est dépourvue d’équipements

La densité de population atteint un taux record dans la métropole.

En 1977 s’effectue un changement de municipalité.

Le nouveau programme annonce une dédensification du Nouveau Mons, amélioration des équipements avec la venue du métro.

Création de la “commission Pesce” responsables du programme de développement social des quartiers

1982 : Rapport de Françoise Julien, premier adjoint au maire

Mons en Baroeul, commune de la banlieue lilloise de moins de 300 ha

1950 : 9 000 habitants

1975 : 28 000 habitants

1982 : 26 000 habitants

Extraordinaire mutation , population triplée en 30 ans

Densité  moyenne 10 000 habitants au km2

LES GRANDS ENSEMBLES

Les Grands Ensembles vu dans les 60s

Entre 1955 et 1960 ces constructions jouissent d’une image positive de confort et de modernité qui contraste avec la prolifération des logements insalubres de l’époque. Les archives vidéos de L’Ina retracent les impressions des premiers habitants des grands ensembles : «Ici, c’est l’Amérique de la banlieue Parisienne. On a un centre commercial, des commerces, de beaux immeubles, des espaces verts, (…). On a tout le confort nécessaire dans notre logement : salle de bain, eau chaude, sys- tème de chauffage et chambres séparées.»

Les premiers habitants apprécient leurs conditions de vie modernes. Cependant certains disfonctionnements préfigurent déjà les problèmes humains et sociaux auxquels vont devoir faire face les grands ensembles dans le futur : distances domicile/travail, manque d’activité des jeunes, manque d’intimité, manque d’offre scolaire…

La fin des Grands Ensembles

Le 21 mars 1973, une circulaire ministérielle signée par Olivier Guichard, ministre de l’Équipement, du Logement et des Transports, «visant à prévenir la réalisation des formes d’urbanisation dites « grands ensembles » et à lutter contre la ségrégation sociale par l’habitat», interdit toute construction d’ensembles de logements de plus de 500 unités. La construction des grands ensembles est définitivement abandonnée. C’est le retour du pavillonnaire et du logement individuel, celui-ci représentant plus de la moitié des constructions de logement cette année-là.

La vision des années 90s

Dans les années 90, l’ensemble de la profession s’insurge contre ce modèle urbanistique issu de l’école de Le Corbusier.

La démarche actuelle

Comme pour la plupart du patrimoine bâti, les Grands Ensembles sont à l’heure de la rénovation urbaine. Ayant fait l’objet d’une grande campagne de démolition il y a 10 ans, la démarche actuelle tend plutôt privilégier la réhabilitation et le redéveloppement de ces quartiers sur eux-même.

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